Si Dieu existe, il s’ennuie ces dernières heures. Il vient de rappeler Serrault, Bergman et Antonioni en l’espace de vingt-quatre heures. Des petits bouts de mémoire arrachés du présent qui ont déjà tant fait pour donner à l’humanité des raisons de ne pas désespérer. Les pauvres humains qui restent en bas n’en ressentent pas d’amertume : la mort surcharge le champ de la vie. L’industrie se chargera de nous fournir des compilations nostalgiques. Et l’automne au coin du feu crépitera avec talent. C’est ce qui fait la différence entre les grands hommes et les anonymes : ils nous ont tellement aidé à contourner la peur de la mort que leur mort n’en devient qu’anecdotique. Le cinéma, c’est la vie que nous n’aurons pas. C’est l’indifférence au réel, ce qui en fait un art révolutionnaire. Si vivre, c’est apprendre à mourir, ces trois grands noms du cinéma sont des bienheureux.
Serrault, Bergman, Antonioni : les immortalisés ne meurent pas
31 juillet, 2007 par Stéphane Menu